Vous déménagez dans six semaines et votre bailleur vous parle de LED basse consommation. La question mérite d’être posée franchement : avez-vous un intérêt à sortir la carte bleue pour un logement que vous allez quitter ? Non. La loi ne vous demande qu’une chose, rendre les lieux avec des ampoules qui s’allument, pas avec des ampoules qui consomment moins. Entre l’investissement et l’obligation réelle, l’écart est énorme, et personne ne vous le dit clairement au moment de signer le bail.
Ce que la loi met vraiment sur vos épaules
L’annexe du décret n°87-712 du 26 août 1987 est le texte qu’il faut avoir en tête avant d’acheter quoi que ce soit. À la rubrique « installations électriques », il place le remplacement des ampoules, des tubes et des starters à la charge du locataire.
L’article 7 d) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 ajoute la couche générale : entretien courant du logement, menues réparations, et remise en état de ce qui s’abîme par un usage normal. Voilà pour votre camp.
Ce cadre juridique parle de fonctionnement, jamais de performance énergétique. Aucun texte n’oblige un locataire à installer des LED, ni à améliorer la classe énergétique d’un luminaire. Si vous voulez réduire votre empreinte carbone au quotidien, creditscarbone.com donne des pistes bien plus rentables qu’un lot d’ampoules acheté pour un appartement que vous rendrez dans deux mois. Le calcul se pose en termes simples : dépenser maintenant pour un bénéfice que le prochain occupant récupérera.
Ampoules manquantes, starters, fusibles : qui paie quoi
Un locataire lyonnais a perdu 45 euros sur son dépôt de garantie en 2025. Motif invoqué à l’état des lieux de sortie : trois ampoules absentes dans le salon. Le chiffre paraît dérisoire, il résume pourtant tout le risque réel. Le gestionnaire ne s’est pas demandé si les douilles étaient équipées de LED, il a constaté des culots vides et il a facturé. Des ampoules basiques auraient coûté moins cher que la retenue.
La même logique s’applique à des objets qu’on oublie facilement dans le décompte. Le décret cite pêle-mêle le remplacement d’une ampoule grillée, le changement d’un fusible, l’entretien des prises et interrupteurs, la remise en place d’une baguette de protection abîmée. Ce sont des bricoles, elles sont à vous.
Les questions qui reviennent à chaque état des lieux
Les litiges naissent presque toujours d’un malentendu sur le périmètre. Une installation qui ne s’allume plus n’a pas forcément la même responsable selon l’endroit où le courant s’arrête, et les bailleurs comme les locataires confondent souvent les deux niveaux de responsabilité.
- Qui doit fournir les ampoules lors de l’entrée dans les lieux ?
- Le locataire doit laisser des ampoules en état de marche au départ, et cette règle ne change ni avec la surface du logement ni avec la hauteur du plafond.
- Un interrupteur grillé ou un câblage vétuste, c’est encore pour moi ?
- Remplacer une ampoule par une LED, ça compte comme une amélioration à déclarer au bailleur ?
Sur le dernier point, la réponse tient en une ligne : personne ne vous reprochera une ampoule trop performante. Le risque se situe à l’autre bout, dans le culot nu laissé derrière soi.
La frontière entre les deux camps est nette dès qu’on regarde ce qui casse. Un interrupteur qui grille, un câblage qui date des années soixante-dix, un disjoncteur qui saute sans raison : la charge revient au propriétaire, parce que le défaut vient de l’installation fixe et pas d’un usage normal. Une ampoule qui claque au bout de deux ans, ça reste votre affaire, sans discussion possible devant le gestionnaire. Sur ce point, voir aussi notre article sur signer un bail de location.
Le vrai calcul pour un locataire qui s’en va
Franchement, la LED a un intérêt réel sur la durée. Elle consomme moins, elle dure plus longtemps, elle évite de grimper sur un tabouret tous les ans. Sauf que ce raisonnement ne tient que si vous restez assez longtemps pour amortir l’achat. Sur un bail qui se termine, l’économie d’électricité des derniers mois ne couvre pas le prix des ampoules, et le bénéfice part avec vous ou reste sur place.

Il y a une nuance à assumer. Si votre bailleur vous fournit les LED et que vous partez bientôt, autant en profiter sans scrupule. Si le logement est déjà équipé, vous n’avez rien à changer, sauf les ampoules qui grillent pendant votre séjour, et là une ampoule standard suffit largement. Le bon réflexe reste de vérifier l’état de chaque point lumineux avant la remise des clés, pièce par pièce, plutôt que de découvrir un culot vide le jour J.
Les obligations du bailleur, pour savoir quand vous n’êtes pas responsable
Un bailleur doit livrer un logement décent, avec une installation électrique en état de marche et conforme aux normes de sécurité en vigueur. Si le courant ne passe plus à cause d’un câblage fatigué, il paie la réparation et il ne peut pas la facturer sur votre dépôt de garantie. La distinction avec un simple changement d’ampoule tient à une question de cause : matériel défaillant d’un côté, consommable usé de l’autre.
Sur le terrain, cette limite est parfois floue et les gestionnaires en jouent. Un locataire qui ne connaît pas le décret se laisse convaincre qu’un interrupteur cassé relève de l’entretien courant, et il paie. Gardez une trace écrite de chaque échange, photographiez ce qui ne fonctionne pas à l’entrée comme à la sortie, et citez la rubrique « installations électriques » du décret quand on vous demande de prendre en charge une réparation qui ne vous revient pas.

Le bon geste avant de rendre les clés
Un locataire qui part bientôt n’a rien à gagner à investir dans des LED. Il doit laisser un logement avec des ampoules qui fonctionnent, point final, et c’est exactement ce que le décret lui demande. Faites le tour des pièces, remplacez les culots vides par des ampoules simples, gardez les factures si vous en avez, et laissez le prochain occupant se poser la question de la basse consommation. Le dépôt de garantie vous remerciera. Et si votre bailleur vous impose un équipement neuf, à qui profite vraiment l’opération ?